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François Baroin au Figaro : Nous baisserons de 10% l’impôt sur le revenu

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François Baroin au Figaro : Nous baisserons de 10% l’impôt sur le revenu

Dans une interview au Figaro, le sénateur-maire les Républicains de Troyes est désigné pour mener la bataille de la droite pour les législatives.

LE FIGARO. – Quelles leçons tirez-vous de la victoire d’Emmanuel Macron ?

François BAROIN. – Je me réjouis que les Français n’aient pas été tentés par une aventure qui nous aurait conduits à l’appauvrissement de tous, à l’effondrement du système financier, au chaos. Son élection répond certainement à une attente de changement après cinq ans de Hollande même si c’est avant tout la victoire de l’ambiguïté de son projet. Je n’oublie pas que cette campagne a été dominée par les affaires qui ont abîmé, dans tous les sens du terme, notre candidat. Et elle s’est conclue par un vote qui traduit un pays fracturé comme jamais. C’est pourquoi les législatives sont si cruciales. Elles devront lever toutes les ambiguïtés portées par Emmanuel Macron. Aujourd’hui, nous nous engageons de toutes nos forces pour défendre le pouvoir d’achat, engager des baisses massives d’impôts, relancer notre économie, réarmer l’État et assurer la cohésion sociale. Nous voulons constituer une majorité pour la France. Ce sera d’ailleurs notre slogan.

Avec qui Emmanuel Macron doit-il gouverner ?

Les Français vont définir l’orientation du gouvernement à travers leur vote. C’est à eux de fixer le cadre général de ce que devra faire Emmanuel Macron. Il a gagné la bataille de l’ambiguïté en expliquant qu’il n’est ni de droite ni de gauche mais nous avons bien vu lundi, aux cérémonies du 8 Mai, qu’il était l’héritier direct de François Hollande.

Croyez-vous à la recomposition politique qu’il propose ?

Il ne faut pas confondre l’affaiblissement puissant des partis traditionnels et l’effacement du clivage gauche-droite, vieux de 250 ans. Notre pays n’existe pas depuis dimanche ; les courants de pensée qui l’ont structuré perdurent et ils sont nécessaires. Car l’avenir politique ne peut pas se résumer à un face-à-face entre Emmanuel Macron et le FN.

Bruno Le Maire fait-il erreur en voulant travailler avec Emmanuel Macron ?

Je ne m’arrête pas sur telle ou telle personnalité pour laquelle j’éprouve de l’amitié, de l’estime et avec qui j’ai mené des combats. Mais nous ne faisons pas la même analyse. Certains sont tentés par une aventure d’ouverture? Cela a toujours existé. Souvenez-vous de François Mitterrand ou de Jacques Chirac. Nicolas Sarkozy s’était adjoint les services de Bernard Kouchner. Et même de Jean-Pierre Jouyet, un fidèle de François Hollande, qui, dit-on, est le créateur du nouveau président.

Êtes-vous convaincu qu’Emmanuel Macron n’obtiendra pas de majorité ?

Lors de la présidentielle, le débat de fond a été complètement escamoté. Cette fois-ci, Emmanuel Macron n’y coupera pas. La France est le pays qui a le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé en Europe. Nous voulons les baisser. Lui veut augmenter la CSG de plus de 20 milliards qui frappera d’abord les retraités, les fonctionnaires et les indépendants. Une saignée qui s’ajoute aux 30 milliards dont il est coresponsable avec François Hollande. Voilà un sujet sur lequel les électeurs vont se prononcer.

Fallait-il amender le projet présidentiel de François Fillon ?

C’était indispensable et nous l’avons décidé dans le consensus. Parce que les Français ont exprimé au premier tour un besoin de changement et nous ont adressé des messages.

Le projet n’était pas bon ?

Je ne dirai certainement pas cela. Il était celui d’une personnalité, d’un homme d’État, qui a remporté la primaire sans coup férir. En temps normal, il aurait peut-être pu être entendu. Mais je n’oublie pas que la chute dans les sondages a commencé bien avant les affaires. Il y a eu beaucoup d’incompréhensions. Et nous ne sommes pas parvenus à faire le travail de rassemblement et de synthèse après la primaire.

C’est un travail que vous faites aujourd’hui pour les législatives ?

Exactement. Dans ce nouveau projet, vous retrouverez des idées qui ont été portées par Nicolas Sarkozy, par Alain Juppé et par les autres candidats. Nous voulons rendre du pouvoir d’achat aux Français. Il n’y aura ni hausse de la TVA, ni hausse de la CSG, mais une baisse de 10 % de l’impôt sur le revenu pour tous les ménages et nous relèverons le plafond du quotient familial. Nous rétablirons l’universalité des allocations familiales. Les petites retraites seront augmentées de 300 euros et les petites pensions de réversion de 10 %.

Ce projet ne conduit-il pas à laisser filer les déficits ?

Absolument pas. Nous maintenons l’objectif d’une baisse de 100 milliards de la dépense publique qui viendra largement compenser les 62 milliards d’euros de dépenses supplémentaires. C’est pourquoi au lieu des 40 milliards de baisses des charges souhaités par François Fillon, nous tablons sur une baisse de 28 milliards d’euros. Notre objectif est d’être à l’équilibre en fin de la législature, c’est-à-dire un déficit structurel de 0,5 % du PIB en 2022.

Est-il compatible de rétablir les heures supplémentaires défiscalisées tout en supprimant les 35 heures ?

Absolument car nous voulons à la fois favoriser l’esprit de liberté et les négociations sociales. Nous souhaitons que dans chaque branche ou chaque entreprise les discussions soient ouvertes pour définir la durée du travail en leur laissant la plus grande liberté. Le rétablissement des heures supplémentaires défiscalisées doit encourager le débat afin de conduire le plus grand nombre à se rapprocher des 39 heures.

Et pour la fonction publique ?

Nous proposons un «pacte de progrès» qui conduira à une négociation sur le temps de travail et à de meilleures rémunérations. Nous conservons l’objectif de suppression de 500.000 emplois publics, mais sur sept ans, soit 300.000 en moins sur la durée du quinquennat.

En quoi consiste le réarmement de l’État que vous proposez ?

Nous conservons le cadre général des propositions de François Fillon sur le régalien. C’est-à-dire 10.000 policiers et gendarmes supplémentaires, 16.000 places de prison, un budget pour la Défense à 2 % du PIB d’ici à 2022. Nous rétablirons les peines planchers pour les récidivistes et le contrôle aux frontières tant que Schengen n’aura pas été réformé. Et nous donnerons au Parlement le pouvoir de voter un quota annuel pour l’immigration. On ne peut pas être dans les demi-mesures quand il s’agit du réarmement de l’État. Or je considère qu’Emmanuel Macron, sur ce sujet comme sur beaucoup d’autres, est tellement flou qu’il en est éclairant sur ses insuffisances et ses ambiguïtés.

C’est-à-dire ?

On a le droit d’être fasciné par le modèle américain. Et même de se faire plaisir en mettant en scène un coup de fil avec le président Obama. Mais les Français ne partagent pas sa fascination pour le communautarisme à l’américaine. On ne peut pas impunément faire le jeu d’intérêts particuliers. Quand on s’engage sur cette voie, il ne faut pas s’étonner ensuite du score de Marine Le Pen à Calais. C’est l’échec du gouvernement qui a fait basculer des gens dignes et humanistes dans un vote de colère.

Le FN est-il la première force de l’opposition comme Marine Le Pen le revendique ?

C’est son jeu de le dire. C’est notre devoir de le contester. Nous ne souhaitons pas être la première force de l’opposition: nous souhaitons avoir la majorité pour gouverner le pays. J’ajoute que Marine Le Pen s’est très fortement décrédibilisée après le débat de l’entre-deux-tours.

Comment s’organiserait un gouvernement Baroin ?

Autour de quatre grands blocs que se partageraient une quinzaine de ministres. Je souhaite notamment que les ministères du Budget, des Comptes publics, des Réformes, des Relations avec le Parlement, des Collectivités territoriales et, peut-être, des Outre-Mer soient directement rattachés à Matignon. Car le premier ministre doit être le grand organisateur des réformes du pays si nous voulons que chaque Français se sente impliqué. C’est l’une des leçons de cette présidentielle: il s’agit moins de réduire les fractures sociales, comme le souhaitait Jacques Chirac en 1995, que de répondre au sentiment de rupture et d’abandon des Français.